Cél a Ozé

A ceux pour qui le défi de vie est de voyager à chaque nouvelle armoire Ikéa qui lâche...bienvenue dans mon monde. Départ tout les 6 mois...cette fois ci, doigt pointé vers l'AUSTRALIE

22 mai 2008

UN GROS GATEAU MAISON

Pour fabriquer la demeure de tes fermiers wwoofer, tu devras mettre la main à la pâte ! Et ça n’est pas peu dire. Pour cette nouvelle activité, il m’a fallut pétrir. Tu peux laisser tes muscles en mousse à la cuisine ; mélanger « the mud », littérairement de la terre détrempée, demande des biscottos !

Préparation : 20 à 30 minutes. Pas de cuisson.

Ingrédients : Terre, eau, paille.

Ustensiles : Brouette, pelle, gants solides, vêtements datant d’avant guerre conseillés…

Comme tu peux le remarquer, le ciment n’est pas encore arrivé ici, on fait à la bonne franquette !

Une fois la mixture à point (obtenir la pâte la plus graveleuse possible en mélangeant les 3 ingrédients), il te faut chercher par où la maison fuit, par où les bestioles s’invitent et c’est partit ! Tu fabriques une boule de paipaïboue entre tes mains, puis tout réside enfin dans ton lancé-projeté contre le mur. Tu pointes l’endroit visé et tu tires. Pour que la liaison se fasse parfaitement entre la surface et la matière, tu dois amener ta main au niveau de ton épaule, prendre un court élan et lâcher (vitesse moyenne du « mud » : 12km/h).

Les projectiles qui te mouchètent le visage, t’assurent de la qualité de ton jeté.

Six brouettes plus tard, te voilà certain que les souris ne passeront plus par ce mètre carré de la maison… !

Enoncé à deux inconnues : Sachant que tous les murs de la ferme fûrent bâtit de cette manière, que la maison fait 350mètres de circonférence, 3,5mètres de hauteur, qu’un quart d’un des murs est en papier mâché, que tu creuses 10 minutes pour avoir la terre nécéssaire à une brouette de mud, que tu mets environ 20 minutes à faire ton mélange, 40 minutes à l’appliquer, que tu manges du riz le midi pendant 15 minutes (sauf le mercredi, tu manges un hamburger au village), le dimanche est un jour férié, que tu te lèves à 8heures et termines à 17heures…Pendant combien de jours de pleine lune vas tu construire ta maison ? Combien de temps va-t-il te falloir pour résoudre ce problème ?

Photo album : AUSTRALIA COWRA FARM 2

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21 mai 2008

CHRONIQUE ANIMALIERE

Après deux jours paisibles faits d’oiseaux sifflotant, de kangourous gambadant, de nature naturant, petit Wwoofer, la sentence tombe ! Travail à l’horizon. Tu vas vite récupérer tes minutes de bonheur, en travail ! Rapidement, les images de Céline clopin-clopant sur la montagne, paraissent loin, loin ! Au point qu’aujourd’hui je t’ai envié citadin ! J’aurais rêvé de l’odeur des pots d’échappement, du bruit environnent, et même des busy business men qui t’arrachent un bras en te poussant.

Au lieu de ça…ma journée :

Il était une fois un jour qui commençait pourtant bien. Au programme, se recasser le dos en creusant un trou pour la future mini piscine. J’aime bien l’idée ! En puis ici, tout est rentabilisé, on malaxera la terre demain avec de la paille, pour combler les trous du toit de la maison ... Cél dotée de sa pelle et de sa brouette s’y attèle. 2 heures après, la circonférence est parfaite, notre trou atteint les 1,50mètres de diamètre, et un bon 70cm de profondeur. Suite des activités: fabriquer une poubelle à composte. Tôle en main, tubes de fer, marteau, perceuse, on s’y colle ! Je m’éclate, j’ai l’impression de faire une cabane.

C’est après le déjeuner « curry » que tout le charme de la journée s’en vient ! L’idée est de remplir notre tout nouvel agencement pour le composte, grâce à ce qui fermente depuis peut être plusieurs semaines dans un gros tonneau !

Fourche en main, ma brouette toujours de bonne compagnie, on dit Go ! Deux coups de fourche plus tard, l’odeur des détritus humides m’envahit les narines, les mouches, vers et redback (pas la bière à mon grand regret, mais les araignées dangereuses du coin) m’entourent de partout, mais je maîtrise encore. Quand, tout à coup, chaque seconde marque un refoulement de plus en plus terrible et je réalise que je remue de bon cœur, toute la merde que ma jolie petite famille fermière a mangé ces derniers temps ! Déchets devenus désormais la nourriture d’une nouvelle famille ayant trouvé logis aux trois quart du tonneau : maman papa et une dizaine de bébés souris !

AAAAAAAHHHHHHHH ! Aux chiottes mon calme olympien ! Je deviens kangourou à mon tour, appelle le chien pour qu’il devienne mon héro, fait voler la fourche dans tous les sens, pendant que Simone (mon hôte, enceinte jusqu’au coup) se transforme en Wonder Woman ! Une bestiole y passe sous sa chaussure, une autre boira la tasse dans un sceau, mais le reste je ne le verrai pas…l’instinct me fait courir de l’autre côté de la maison.                                                                                                                                                                                                                                                                                                   Une dizaine de meurtres plus tard, je repointe mon nez, n’oubliant pas de regarder dans le sceau de la chanceuse noyée, histoire de recrier un bon coup !

Inspiration…et vite fait je me rappelle le pompon de cette aventure:…VISA ! Oh que oui, tu n’as pas intérêt à l’oublier, ça te ramène à comprendre pourquoi tu t’es engouffré dans ce fourbi.

Reprise du travail, quand, à peine 15 minutes plus tard, ça chatouille dans mon jean ! Je choppe quelque chose entre mes doigts, le pantalon s’humidifie, et ma jambe aussi. Un petit tour et on recommence : je cours autour de la maison, jusqu’aux wc ! Le rouleau de papier toilette, quasi entier, s’enroule autour de ma main… (oui tout seul !), je ne veux surtout pas savoir ce que c’était ! A l’aveuglette j’essuie mon mollet, enfile un autre jean illico…, et décrispe au mieux  mon sourire…VISA, VISA !!!!

Oui Wwoofer, tout se mérite, et on s’en rend très vite compte. Il était une fois un jour qui n’a fait que bien commencer...et pourtant l aventure est toujours aussi exceptionnelle !!

                                          

Album Photo: AUSTRALIA COWRA FARM 2

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20 mai 2008

FRAPPE, FRAPPE, FRAPPEUR, FRAPPEZ

Première dizaine à la ferme ! Et cette semaine, cher Wwoofer, tu peux souffler un bon coup, ton dos bénéficie enfin de répits. Le bras est désormais à l’honneur ! Par conséquent je crois que cette fois, c’est officiel, je n’ai plus droit au chocolat ! Je m’explique…ou bien je t’explique !

Récolte des olives pendant deux jours. Le principe : une machine vient englober le tronc de l’arbre et déploie un parapluie géant au pied de l’olivier. Le plus gros vibreur du siècle se met ensuite en marche (ces dames peuvent être jalouses !) et secoue l’arbre pour en récolter le fruit. Les italiens sont les créateurs de cette merveille qui épargne ainsi la cueillette laborieuse à la main. Mais tout ne va pas « bene », il faudrait approfondir la réflexion messieurs. Beaucoup de fruits restent sur l’arbre malgré les secousses (magnitude 2 sur l’échelle de Richter…autant dire que le « Made in China » reste encore meilleur à ce niveau !) ; c’est là que j’interviens !

Armée d’un grand bâton en bois, je me transforme en « biter », je frappe et frappe l’arbre de ma force de samouraï (NB : regarder Kill Bill la veille !) pour démêler les branches et libérer les olives.

J’ai battu plusieurs centaines d’oliviers ces derniers jours.

Alors si tu es grand, brun et masochiste, toque à ma porte (enfin trouve là d’abord parce que je suis toujours homeless) et devine quel prénom m’annoncer !!!!!!!!

(Photo album : AUSTRALIA COWRA FARM 2)

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13 mai 2008

PAYE TON OZI...

Jeune étranger, tu étais prévenu des maltraitances que ton dos subirait à la ferme, mais qu’en était-il de l’effondrement de tes « acquis » linguistiques ? Oh que oui, la confiance en toi sur l’apprentissage british des six derniers mois se dissipe peu à peu dans la boue du vignoble.

L’intensité de l’accent du bush me perd environ toutes les deux secondes et demie depuis une semaine…d’autant plus quand il est de mèche avec les expressions du coin… Quand une avalanche de terme jargonneux  commence (du type thirty devenant thirtish) eh bien je m’en remets désormais aux indémodables et pratiques « yeah yeah » ! Et ils semblent parfaitement faire illusion !

Toujours est-il, que je montre bien du doigt les dieux de la grande distribution littéraire FN_C ou VIR_GIN, pour ne pas avoir pensé à exposer dans leurs rayons : La bible du slang en OZ !

Tu savais toi que si on te demande des « spuds », tu dois tendre des patates !!?

Ben moi non!! Après « Brian is in the kitchen », on m’a juste appris «He is cooking some patatoes » et pas « He is cooking some potatoes -but you can also say PUDS-! ».

A sammie, c’est un sandwich, faut le savoir ça aussi! Et c’est encore plus compliqué à capter quand ton hôte s’appelle Sam : « We’re gonna eat a sammie » !. Ben tiens oui, j’ai envie de te répondre : faisons ça, allons manger Sam !

Y’a les « y » de partout aussi….sundy au lieu de sunday, uny pour university, ciggy pour…vas y deviny..!

Pareil tiens : pour dire que tu fais du bon boulot on te dit « She’s apples » !....

Je vais commencer à toutes les noter et engager un nouvel objectif de vie : écrire l’encyclopédie de l’anglais australien!

Toi Ozi qui viendra un de ces jours apprendre notre langue, je te souhaite bien du courage si je suis celle qui doit te faire cours...je vais t’en balancer des « Ca casse pas trois pattes à un canard! », et j’adorerais que ton incompréhension t’amènes à m’en écloper un pour le souper !!!

Sur ce…have a good bloody one!

Posté par lindsey à 10:36 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

CEL A LA FERME

Ca y est j’y suis dans ma prison à moi ! Et je dois dire qu’au milieu des plusieurs récits de wwoofers* ou fruit-picker malchanceux que j’ai pu lire, je semble être littéralement bien tombée !! Mon lieu d’exil ressemble plutôt à un paradis perdu au milieu des vignes et des oliviers et des cows…; toujours en New South Wales mais bien loin des chahuts interminables de Sydney, de ses maisons accolées, des excentriques bridés, et des chauffeurs de bus insociables ! Ici, les maisons ont des toits en paille, des clous en guise de poignée de porte, des toilettes à l’extérieur, des salles de bains avec du gravier au sol et un véritable système d’irrigation… Dehors, les serres pullulent de chaussures faisant offices de vasques pour les géraniums, les plans de canna possèdent plus de 5 têtes, et le bois s’amasse en buche à côté de l’entrée principale, toujours en attente de construction…! Les gens regorgent de passion dans les yeux et dans le sourire, et cumulent sens de l’entraide et amabilité des campagnes d’anciens temps. Quant aux bébés, ils portent des couches en tissu, s’amusent à pousser la brouette, s’esclaffent de la boue qu’ils ont sur le visage, et jouent du tambourin avec papy ! Oh oui, on est loin de notre petite boîte noire infernale qui commence à tuer les neurones de nos gosses en leur servant du Télétubbies en veux tu en voilà dès le plus jeune âge; loin des précieuses mauviettes incapables de respirer à la vue d’une araignée grosse comme l’ongle de mon petit orteil ; et encore plus loin des « damoiselles » qui font sonner leur réveil quotidien à 6 heures dans le but d’être sûre qu’elles seront prête pour aller travailler à 11(et qui pendant le week-end, arpentent les boutiquent de fringues « made in china »!!!!) Et moi dans mon tout nouveau pays et bien je n’ai pas la tête à l’ennui : entre l’observation des différentes sortes d’oliviers, l’apprentissage du concept « ferme et produits organiques », je dirais même plus, la dégustation « des produits de la ferme organique »…, l’arrosage des jardins, le désherbage, la reconnaissance d’un sol riche en phosphore ou non, les vadrouilles dans les chemins de terre au volant du pickup… ; je m’accommode fortement d’une vie simple et sans débilités aucunes, de ce monde quasi idyllique qui semble jour après jour devenir mon havre de paix ! (* M’étant rendue compte que très peu de gens connaissaient le principe du Wwoofing, je me lance dans l’explication, aussi simple qu’elle soit : le Wwoofing est un principe d’échange ; tu pars travailler dans une ferme dite organique pour « Walouu » comme argent (d’où le W du mot !!), et en contrepartie tu es logé et nourri chez l’habitant.)

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08 mai 2008

SAVEZ VOUS PLANTER....

Il est arrivé le temps de la « pénitence » que le gouvernement australien impose, à nous, pauvres étrangers en quête d’un nouveau visa d’un an sur leur territoire. Pour un bonus de sensations au milieu des kangourous il te faut, jeune ingrat, aller magner la pelle à la ferme, et tuer ton dos en ramenant les oranges ! ».  Un bon bagne à l’australienne !

J’aimerais voir les polémiques que cela pourrait engendrer en France si on en venait à dire aux immigrés : va gagner ta résidence française en usant tes os à labourer la terre du chanceux qui naquit ici !

Toujours est-il qu’il est l’heure de partir s’aventurer à la ferme. Mais avant ça, il faut déjà trouver le moyen de s’y rendre…Et j’avoue que ça n’est pas tellement une surprise…, au programme : 7 heures de transports…pour faire 400 bornes !!! Oui, le TGV est loin d’avoir envahit la grande île (donc à noter pour ceux qui souhaitent avoir le temps d’observer le paysage australien…LE TRAIN sera de bonne augure!).

Mais s’il n’y avait qu’à poser ses fesses dans la micheline pour aller à Cowra, ca ne serait pas drôle…alors je ferai la seconde partie du voyage en bus, pas par choix vous l’aurez compris, c est juste qu’il n’y a pas de gare ferroviaire à moins de 3heures de  route de mon nouveau pays !

Bref c’est parti : backpack sur le dos, un paquet de Snyckers stratégiquement rangé dans la poche avant, je suis parée au voyage ! A savoir qu’avant, il m’aura quand même fallut des lustres pour préparer mes affaires…ben oui il faut penser à tout quand on va loin de la civilisation….

Exemples :

Primordial : Tout les papiers importants que l’on ne possède habituellement qu’on line, doivent être imprimés! (Ben oui, t’as cru quoi ? Que t’aurais le Wiffi ? Au mieux t’auras du 56k…conclusion : ca prend « la vie » pour télécharger un doc, et après faut il encore avoir l’imprimante !!). Donc, assurances, papiers à faire remplir par le fermier seront dans une pochette !

Acheter le billet pour le trajet retour

Des amuses gueules au cas où les membres de la famille auraient de plus petits estomacs que le mien…

Assez de cash pour le mois…quelques dollars devraient suffire vu que y’a pas de shop à moins de 20 km en voiture, et que…je n’ai pas de voiture !

Des tampons pour les « communes copines féminines » qui vont arriver dans 3 semaines et tout le nécessaire de toilettes en version neuve !

Des paquets de clopes pour la durée du séjour

Une recharge de carte téléphonique d’avance

Etc.etc….

Gare centrale de Sydney, tout va bien. Effectivement le train date d’avant guerre, sièges verts, pas de tablettes, rien de comparatif avec notre équipement français ! Voilà, pour sûre, un sujet pour lequel on devrait arrêter de se plaindre en France. Et d’autant plus parce que même en période de grève, nos machines nous permettent d’aller d’un point A à un point B plus vite qu’ici !!!

Je traverse les Blues Montains, les yeux toujours autant ébahis devant cette lumière bleue (due aux eucalyptus qui constituent la majorité de la végétation environnante) qui les domine.

9 Snykers, une bouteille d’eau et une centaine de photos plus tard, j’arrive à la deuxième étape du trip : le bus. Autant vous dire que je me suis demandé à plusieurs reprises si je montais dans le bon…moyenne d’âge des occupants de mon autocar : 70 ans ! Je vous laisse imaginer ma tête, surtout quand je me rends compte que le chauffeur est certainement le plus âgé de tous…Moi qui n’avait pas vu de troisième âge depuis près de 6 mois…(oui, après avoir cru qu’une canicule annuelle balayait les anciens de Sydney, j’ai compris, lors d’une visite du Casino, qu’ils étaient en fait, tous centralisés là…C’est finalement un moyen comme un autre d’augmenter son capital retraite…!)

Bref, me voilà, dans le bus, à destination d’un endroit qui sera à priori loin d’être lieu de rassemblement du prochain technival !

Et à 20h15, les Snykers terminés, et Céline desséchée, c’est l’arrivée à Cowra. Ouf !

Mais qu’est ce qu’il m’attend maintenant ?

Posté par lindsey à 11:55 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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